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Les attaques de panique

D'après le rapport de la Haute Autorité de Santé de juin 2007, le trouble panique est une affection qui va toucher entre 1,5 et 3 % de la population âgée entre 18 et 25 ans.

S'il n'est pas possible de désigner une cause précise pour expliquer l'apparition des attaques de panique, on peut cependant remarquer que ces dernières vont avoir tendance à apparaitre entre l'adolescence et les premiers moments de la vie d'adulte.

De plus, les moments charnières dans la vie des personnes (passage d'un examen, mariage, maternité/paternité, annonce d'une maladie) sont fortement corrélés avec l'apparition de ces troubles. Associés à des prédispositions génétiques ou à un contexte de vie particulier (des parents eux mêmes sujets à des troubles paniques), les attaques de panique trouveront un terreau fertile pour se développer.



Les symptômes d'une crise de panique


Une attaque de panique surgit toujours quand on s'y attend le moins, quand tout va bien. Cette sensation de peur intense va d'ailleurs se révéler bien trop importante par rapport à la situation vécue : le danger n'est pas objectif mais subjectif, il est d'ailleurs impossible de définir ce qui a provoqué cette attaque de panique puisqu'elle est bien souvent sans rapport avec le moment présent.

Cette sensation de peur intense va durer plusieurs minutes jusqu'à ce que la personne retrouve progressivement le contrôle de ses sensations : notre corps a épuisé une énergie trop importante à se demander si il devait "fuir ou combattre". Progressivement on retrouve nos esprits mais une nouvelle attaque de panique peut surgir, puis encore une autre.

Et pourtant, une attaque de panique n'est pas dangereuse en elle-même, elle est surtout terrifiante, elle va nous pétrifier de peur, nous donner le sentiment d'être fou. Dès lors, on appréhende de vivre à nouveau une telle attaque de panique, on appréhende encore plus, on va être tenté d'éviter certaines situations, certains lieux, certaines personnes, développer des addictions pour tenter de limiter ce sentiment de peur intense qu'on ne se souhaite plus revivre, etc.


La plupart des personnes souffrant d'un trouble panique vont connaître ce type de symptômes lors de la survenue d'une attaque de panique :

Accélération du rythme cardiaque ;

Difficulté à respirer et sensation de manquer d'oxygène ;

Douleurs thoraciques, comme si la cage thoracique était comprimée ;

Des nausées ou des étourdissements qui peuvent se transformer en un vertige paralysant, renforçant ce sentiment de ne pas pouvoir revenir à la normale et ce sentiment de terreur ;

Des tremblements, des secousses et des fourmillements au niveau des extrémités (doigts/orteils) ;

Des bouffées de chaleur pouvant entrainer une sudation excessive ou bien des frissons soudains ;

La peur de devenir fou voire de mourir.


Qu'est-ce qui cause une attaque de panique ?


Une attaque de panique va être d'origine psychique, corporelle mais également les deux en même temps.


Une origine génétique

Les troubles anxieux, dont fait partie le trouble panique peuvent trouver leur origine dans des facteurs génétiques. Il est ainsi fréquent qu'une personne présentant des troubles paniques a dans son entourage familial une personne qui a connu des épisodes anxieux ou de dépression.

On peut également noter, sans que nous soyons en mesure de l'expliquer que les femmes ont en moyenne deux fois plus de chances de développer ce type de troubles que les hommes.


Une origine psychique

Notre vie psychique joue cependant un rôle important dans l'apparition ou non de ce trouble. La manière dont nous vivons, la fréquence à la laquelle nous faisons face à des événements stressants va avoir une incidence sur notre "niveau de stress général". Plus nous sommes stressé au quotidien moins nous sommes en mesure de faire face à ce dernier et donc nous allons plus facilement être sujet à des attaques.


Le psychique et le physique ne sont pas à dissocier. Une personne ayant connu des attaques de panique aura tendance à sur-interpréter tous les signes physiques que son corps exprime qui sont sans lien avec le trouble auquel il fait face :

Des douleurs à l'estomac car vous n'avez pas assez mangé seront interprétées comme le signe d'une possible crise. Vous êtes essoufflé après avoir marché un peu plus vite que d'habitude ou parce qu'une attaque va survenir ? Et peut-être que ces palpitations sont dues à ce café que vous avez bu en trop. Etc.

À trop appréhender, c'est malheureusement la personne elle-même qui provoquera ces crises de panique sans s'en rendre compte puisqu'il est très difficile de réussir à repérer et isoler ces déclencheurs.


Comment ne plus souffrir du trouble panique ?

Les thérapies cognitives et comportementales peuvent-être une aide précieuse pour réussir à se débarrasser de ces difficultés.


Savoir de quoi on souffre.

La première étape de la prise en charge relève de la psycho-éducation. Être informé, pouvoir mettre des mots sur notre pathologie, comprendre ses mécanismes, ses déterminants et son évolution va être la première étape de l'accompagnement. De part leur caractère irrationnel, les crises de paniques sont particulièrement anxiogènes, nous laissant totalement désemparés, apporter des connaissances permet de rationaliser ce trouble, de le comprendre, de comprendre ses mécanismes.

La restructuration cognitive permettra également aux personnes d'aborder les choses sous un angle différent et plus réaliste : la sur-anticipation des événements nous prépare au pire et augmente notre stress alors que bien souvent, il ne se passe rien de grave.

En identifiant ce qui déclenche les crises, que ce soit une pensée ou une réaction physiologique nous serons en mesure de discuter des liens entre l'attaque de panique et ces déclencheurs.

En réussissant progressivement à dissocier les deux, la personne pourra petit à petit éviter de déclencher malgré elle des crises de panique.


Se mettre en situation

Une fois les pensées et les cognitions identifiées, il sera progressivement possible pour la personne de se mettre en situation de ressentir les sensations qui la terrifient.

L'objectif est de permettre aux personnes de ressentir ce qu'elles éprouvent lors des attaques de panique mais de manière progressive et controlée. Quand auparavant une situation semblait totalement incontrôlable et synonyme de crise de panique nous apprendrons petit à petit à décomposer la situation en une succession de petites peurs facilement contrôlables.


Travailler sa respiration

Lors d'une attaque de panique le corps et le coeur s'emballent. Il est dès lors important de pouvoir à nouveau apprendre à respirer correctement, à comprendre le mécanisme de la respiration, à prendre conscience de son souffle et à le ralentir quand ce dernier commence à s'emballer.






https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/guide_medecin_troubles_anxieux.pdf

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