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Le stress : brève présentation

Qu’il s’agisse de passer un examen, de penser à faire sa demande de passeport pour son prochain voyage ou bien encore de réussir sa prochain compétition sportive, nous avons tous été soumis à une période de stress.

Ce stress est bien souvent de courte durée et nous pouvons réussir à le gérer avec plus ou moins de réussite.


Mais qu’est-ce que le stress exactement ? Quel rôle joue-t-il chez chacun d’entre nous ?



Définition et historique


Le stress est aujourd’hui un terme courant qui est définit par le Larousse comme « un état réactionnel de l’organisme soumis à une agression brusque ».


En 1914, Cannon⁠, neurophysiologiste américain nous indiquait que le stress était une réaction physiologique produite par le corps afin de rétablir l’homéostasie⁠. Émotion et physiologie sont liées : uns situation ou une pensée vont entrainer chez la personne des émotions et agir sur le cortex⁠ de l’individu. Dès lors, l’individu se retrouve en situation de fight or flight, autrement dit, combattre ou fuir.


Les travaux de Hans Selye ont apportés un éclairage nouveau sur le concept de stress. Selye définit le stress de cette manière « ensemble des réactions non spécifiques de l’organisme à toute demande d’adaptation qui lui est faite » et distingue trois étapes d’adaptation de l’organisme face aux stresseurs, stimulis externes :

La première étape est celle dite de la réaction d’alarme caractérisée par des réactions physiologiques diverses : tachycardie, baisse du tonus musculaire, ulcères gastriques, augmentation de la concentration sanguine.

Lors de la seconde étape, l’individu entre en phase de résistance. L’individu cherche à se protéger, les signes caractéristiques de la phase une sont inversés.

La troisième et dernière étape est celle de l’épuisement. L’intensité et la durée du stress ont été trop importantes pour permettre à l’individu de se remettre complètement. L’ensemble des ressources sont alors perdues et l’individu devient vulnérable.

En 1976, Selye opère cependant la distinction entre l’eustress qui permet à l’individu de mobiliser ses ressources et le distress qui est au contraire négatif et néfaste pour la santé.

Facteurs internes et externes


Les éléments déclenchant le stress peuvent être de deux natures différentes : internes ou externes. Les facteurs dits internes relèvent de nos pensées, ce sont des facteurs cognitifs, les facteurs externes ne relèvent pas de nos pensées ce sont des situations qui se sont présentées à nous (agressions).


Les travaux de Selye ont permis de mettre en évidence le rôle de la biologie l’impact du stress sur la physiologie de l’individu. Face à un stimulus, le corps de la personne répond.


Le rôle des émotions


Cependant, les émotions sont aujourd’hui de plus en plus pris en compte pour comprendre les variations des hormones de stress puisque les réactions hormonales ne sont pas seulement des réflexes, elles sont liées à l’état émotionnel de la personne.

Si auparavant le stress était perçu sous ses aspects physiologique de type stimulus/réponse, il est aujourd’hui également envisagé sous ses aspects psychologiques. Ce n’est pas un événement en lui-même qui provoque ou non le stress mais l’intensité des émotions qui y sera associé.

Le stress est donc multifactoriel, nos affects, nos cognitions (ce que nous pensons), nos comportements, nos apprentissages sociaux, notre physiologie vont interagir entre eux lors d’un événement et créer une situation de stress plus ou moins forte.

Dès lors, il est impossible de donner une gravité objective à chaque facteur de stress, chacun.e réagissant de manière différente. En 1984⁠, Lazarus et Folkman ont donnés cette définition au stress, « transaction entre la personne et l’environnement dans laquelle la situation est évaluée comme débordant les ressources d’un individu et pouvant mettre en danger son bien-être ».

Pour Lazarus et Folkman l’individu peut influer sur le stress qu’il subit à l’aide de stratégies émotionnelles, comportementales et cognitives. À l’opposé du stress objectif, le stress est une perception et c’est cette perception qui va donner à l’individu la capacité de maîtriser le stress.

Dès lors, il s’agit de rééquilibrer la perception qu’ont les personnes de leurs ressources et de les aider à mobiliser ces dernières quand les situations stressantes se présenteront, de travailler la croyance en la capacité d’action des personnes lors de la survenue d’événements extérieurs, de tempérer le stress perçu via les concepts d’internalité ou d’affectivité positive (amour propre ?).

En interrogeant ce qui constitue l’individu, son environnement, ses émotions et ses pensées, l’approche psychosociale permet une évaluation subjective du stress qui sera plus à même d’aider les personnes qu’une tentative d’approche objectif des faits.



Quick, J.C., Spielberger, C.D. (1994). Walter Bradford Cannon: Pioneer of stress research. Int J Stress Manage 1, 141–143

Selye H. (1976) Stress without Distress. In: Serban G. (eds) Psychopathology of Human Adaptation. Springer, Boston, MA

Lazarus , R. , & Folkman , S. ( 1984 ) . Stress, Appraisal and Coping . New York : Springer .

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